Portrait de Mariam, coordinatrice au Béguinage du Mans
Depuis 4 ans, Mariam est coordinatrice de la vie sociale et partagée au Béguinage du Mans. Un métier qu’elle décrit avec beaucoup de justesse : un métier d’équilibre, d’écoute, d’attention et de lien.
Au quotidien, elle accompagne les habitants dans la construction de leur vie collective. Non pas en décidant pour eux, mais en créant les conditions pour que chacun puisse prendre sa place, s’exprimer, proposer, participer… ou simplement être là, à son rythme.
Une coordinatrice qui facilite plus qu’elle ne DECIDE
Quand Mariam parle de son métier, un principe revient très vite : rien n’est imposé, tout est proposé.
Cette phrase résume une grande partie de sa posture professionnelle. Au béguinage, la vie sociale et partagée ne se construit pas à partir d’un programme figé. Elle se nourrit des envies des habitants, de leurs idées, de leurs habitudes, de leur énergie du moment.
Le rôle de Mariam consiste alors à faciliter les échanges, encourager les initiatives, soutenir lorsque cela est nécessaire, sans jamais prendre toute la place.
Elle est là pour ouvrir des possibilités, pas pour décider à la place du groupe.
L’art délicat de trouver le bon équilibre
Mariam se décrit volontiers comme une équilibriste.
Dans un collectif, tout ne va pas toujours de soi. Il y a des envies différentes, des personnalités diverses, des rythmes qui ne se ressemblent pas. Certaines décisions demandent de discuter, d’écouter, de reformuler, puis parfois de trancher.
Pour Mariam, l’enjeu est de parvenir à une décision la plus juste possible, en s’approchant du consensus.
Cela passe par le dialogue, par le vote, par cette démocratie du quotidien qui donne à chacun la possibilité de contribuer à la vie du béguinage.
Et parfois, tout ne se déroule pas exactement comme prévu. Mariam parle alors d’« erreurs heureuses » : ces petits imprévus qui, finalement, permettent de créer du lien, de faire émerger une idée ou d’ouvrir une discussion que personne n’avait anticipée.
Donner confiance à ceux qui parlent moins
Ce qui marque dans le témoignage de Mariam, c’est l’attention qu’elle porte aux habitants les plus discrets.
Dans un groupe, certaines personnes prennent naturellement la parole. D’autres restent en retrait. Non pas parce qu’elles n’ont rien à dire, mais parce qu’elles n’ont pas toujours eu l’habitude qu’on leur demande leur avis.
C’est là que Mariam voit l’un des plus beaux aspects de son métier.
Elle prend le temps. Elle observe. Elle encourage sans brusquer. Elle crée un cadre où la parole peut venir doucement, sans pression.
« Il y a des personnes pour qui c’est facile de prendre part au projet. Mais pour d’autres, on ne leur a jamais demandé leur avis. Ce sont ces personnes que je conduis vers l’autodétermination. Pour qu’elles se sentent libres. »
Cette phrase dit beaucoup de la mission de coordinatrice en béguinage. Elle ne consiste pas seulement à organiser des temps collectifs. Elle consiste aussi à permettre à chacun de se sentir légitime, écouté et libre de participer.
L’autodétermination, au cœur de sa mission
Pour Mariam, accompagner les habitants, c’est aussi les aider à reprendre confiance dans leur capacité à choisir.
L’autodétermination peut sembler être un grand mot. Pourtant, dans le quotidien du béguinage, elle prend des formes très concrètes : donner son avis, voter, proposer une activité, exprimer un désaccord, choisir de participer ou non, faire entendre une préférence.
Ce sont parfois de petits gestes. Mais pour certaines personnes, ils représentent beaucoup.
Voir un habitant oser prendre la parole, exprimer une idée ou contribuer à une décision collective est une vraie satisfaction pour Mariam. C’est le signe que quelque chose s’ouvre. Que la personne se sent suffisamment en confiance pour être actrice de la vie du groupe.
L’humour comme manière d’entrer en relation
Dans le métier de Mariam, l’humour tient aussi une place importante.
Il permet d’alléger certaines situations, de créer une complicité, d’ouvrir une conversation. Il aide parfois à faire passer un message, à désamorcer une tension ou simplement à partager un bon moment.
L’humour, chez Mariam, n’est pas un détail. C’est une manière d’être avec les habitants, de créer une relation plus simple, plus directe, plus humaine.
Car dans ce métier, tout repose sur la qualité du lien.
Un métier qui transforme aussi celle qui l’exerce
Mariam parle de son métier comme d’une expérience profondément humaine.
Être coordinatrice de la vie sociale et partagée, c’est accompagner les habitants, mais c’est aussi apprendre beaucoup sur soi-même. Sur sa manière d’écouter, de se positionner, de trouver sa juste place dans un collectif.
« Humainement, c’est une expérience très riche. On apprend beaucoup sur soi-même, sur sa construction personnelle et professionnelle, et sur la place importante que nous occupons dans cet habitat intermédiaire. Une relation se crée. »
Cette relation, justement, est au cœur de son engagement. Une relation faite de confiance, de respect, de présence et de patience.

